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Historique

La légende de l'îlot Saint-Michel

L'îlot Saint-Michel porte une chapelle dédiée à l'archange saint Michel. Jadis, l'îlot était rattaché au littoral. Dans ce temps là, le diable voyageait sur la terre et saint Michel voulait l'en empêcher. Le diable résolut d'enlever le saint et, à la tête de tous ses démons, il se mit à sa poursuite. L'archange se dririgea du côté de la mer et, arrivé sur le bout de la pointe qui forme aujourd'hui l'îlot, il regarda en arrière et frappa le sol du pied. Au même instant s'ouvrit une tranchée par laquelle la mer entra. Le diable et ses diablotins trop engagés sur la pointe furent entraînés dans les flots. Depuis cette époque, le diable ne vient plus sur la terre ; en souvenir de ce miracle on éleva plus tard à saint Michel une chapelle sur l'îlot, et, quand elle fut bâtie, les rochers devinrent rouges ainsi que la pointe qui est en face. D'après un autre récit, les rochers prirent cette couleur lorque saint Michel posa le pied dessus. (D'après le récit de Pierre Amiot).

Un peu d''Histoire

Depuis le Moyen Age, le rocher Saint-Michel a vu se succéder plusieurs édifices, lieux de festivité et de dévotion.
Si l'on en croit la légende, de nombreux bateaux auraient sombré dans les parages de l'îlot, qui aurait servi de lieu de sépultures. Le rescapé d'un naufrage aurait fait voeu de piété et aurait commandé la construction d'un oratoire.
D'après les recherches de l'historien J.P. Le Gal la Salle, la chapelle Saint-Michel de "La Roche au Nay" aurait été fondée à une date inconnue par les moines cisterciens de l'abbaye de Saint-Aubin des Bois (Plédéliac), qui possédaient sur la garenne d'Erquy, l'établissement et le fief de la Moinerie. Au cours du 13ème siècle, l'abbaye était devenue le plus grand propriétaire foncier et féodal d'Erquy, après le comte de Penthièvre. Les moines utilisaient à cette époque les pêcheries autour de l'îlot.

 

1249 : à cette date, le testament d'une riche propriétaire locale nommée Haîssa, qui léguait 12 deniers à l'église de la "Roche au Nai", faisait mention de la chapelle. L'ilot est propriété publique de la commune.
 

1640 : les différents recteurs de l'époque se plaignaient que les quêtes de la chapelle Saint-Michel revenaient uniquement aux moines...


1725 : la chapelle était en état de culte à cette date et le recteur écrivait :
Il y a une chapelle sous l'invocation de Saint-Michel à 3 quarts de lieue du bourg, bâtie sur un rocher avancé dans la mer qui, par le reflux couvrant le passage, oblige les moines Bernardins, qui s'en disent seigneurs, à dire la messe tous les ans, le jour de la saint Michel, sur la grève dans un coin de rocher, couvert d'une tente (...). Ce qui met en grand danger d'accident le Saint Sacrifice. Ce dont Monseigneur informé, défendit qu'on célébra la messe sous la dite tente, néanmoins elle a toujours été continuée dans ce même lieu par les dits religieux. Les rochers de ce lieu ont été par la suite appelés "les roches prêcheresses".

 

1789 : la chapelle a survécu à la Révolution. Elle est mentionnée dans le cadastre de 1785 et de 1810 (589 B). Un ermite aurait, semble-t-il, vécu sur l'îlot à la fin du 19ème siècle. L'îlot appartient au domaine communal.

1879 : les paroissiens d´Erquy s´émurent de l´état de délabrement du sanctuaire et cherchèrent un financement pour sa reconstruction. Le 21 mars 1880, le conseil municipal d´Erquy prenait connaissance d´une lettre du préfet des Côtes-du-Nord : Je n´ai trouvé aucune indication sur la nature de cette chapelle qui n´a sans doute aucun titre officiel. La dépense de sa construction ne peut incomber à la commune ni même constituer une charge obligatoire pour la fabrique. Fort de cette information, le conseil municipal déclarait : Qu´il ne voit aucun obstacle à ce que la fabrique fasse opérer la reconstruction (...) avec ses fonds libres et avec ceux provenant de dons ou souscriptions particulières ; la commune ne pouvant, en aucun cas, s´engager dans la dépense à faire. Le même jour, le conseil autorisait la fabrique, pour les besoins de construction, à extraire le sable et les pierres sur les lieux.

1881 : sur les plans de l'architecte briochin, Jules Morvan, la chapelle est reconstruite et inaugurée avec bénédiction le 9 octobre 1881.

1939-1945 : durant l'occupation allemande, les abords de l'îlot sont rendus difficulles en raison du minage des dunes et de la plage. C'est en effectuant des tirs d'artillerie d'entraînement qu'un obus allemand percuta le clocheton de la chapelle et le fit s'écrouler. Il fut reconstruit après la guerre, et le culte avec son pardon put enfin reprendre.

1948 : cette date annonçait le dernier pardon de la chapelle et son abandon progressif par les fidèles. Elle fut ensuite utilisée par les pêcheurs pour s'abriter en cas de mauvais temps. Le mobilier, la porte et la statue de saint Michel allaient disparaître.

1987 : le coup de vent du 27 octobre 1987 fit tomber à nouveau le clocheton. L'archange saint Michel eut les ailes brisées. Cependant, la municipalité de l'époque fit réparer aussitôt les dégâts. La chapelle aurait servi d'abri pour les pêcheurs à pied.

2002-2006 : une association, "Les amis de la chapelle Saint-Michel", voit le jour et décide de réhabiliter la chapelle (avec le soutien financier du Conseil général des Côtes d'Armor, du Conseil régional de Bretagne, de la municipalité d'Erquy et de la fondation Langlois). Renouant avec la tradition, le renouveau du pardon de saint Michel s'est déroulé le 29 septembre 2003 avec une messe dite en plein air et une procession rassemblant près d'un millier de personnes. Les travaux se terminent en 2006 avec l'inuguration de la table d'orientation.

 

Un panneau indiquant les marées se trouve au niveau du parking près de la plage...

... et un autre se trouve au pied de l'îlot.

Un panneau se situant au pied de la chapelle raconte l'histoire de celle-ci et de l'îlot.

La table d'orientation inugurée en 2006.

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